samedi 30 décembre 2017

Pep-Talk

Je suis toujours fasciné par ces pep-talks à l'américaine, délivrés par un ancien Navy Seal. J'aime cet esprit "Tu seras un homme, mon fils", mâtiné de Chapitre 5 de Saint Mathieu.

John Willink est mon archétype :






vendredi 29 décembre 2017

La fin du Moyen-Age

Je travaille en ce moment les registres d'Etat-Civil de Mantoche (Haute-Saône). Et je tombe sur cette page en 1660, au moment du changement de curé :




A gauche, l'ancien curé écrit encore comme au Moyen-Age. Un écriture lourde, avec une plume coupée épaisse, très proche encore des lettres en bâtons du Moyen-Age.

A droite, le nouveau curé tout frais émoulu, écrit avec cette jolie écriture dite "italique", qui est fort à la mode qui trotte en 1660, importée par les reines Medici.

C'est à ce moment là que Mantoche (Parrochia Mentochiensis) change d'époque.

jeudi 28 décembre 2017

"Her" pour de vrai ...

La nouvelle voix artificielle développée par Google est pratiquement non différenciable de la voix humaine.

Vraiment ...






mercredi 27 décembre 2017

Le dernier mâle

J'ai trouvé dans les archives de l'état civil de Chaumercenne un acte de décès de 1764 émouvant :



Le curé Moussard enterre une certaine Marguerite Saulnier (morte à 89 ans).

Dans l'acte, il évoque le mari de la défunte, une certain Charle Berthet, présent à l'enterrement. Il dit qu'il s'agit du "dernier mâle de cette famille ancienne de Chaumercenne".


On sent le curé tout pétri de l'histoire de Sarah et d'Abraham, qui engendrèrent Isaac à 90 ans. 

mardi 26 décembre 2017

Un goût amer

L'enfant Jésus a été volé et remplacé par une endive dans une crèche exposée dans les rues de Viverols (Puy-de-Dôme).

Dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 décembre, des plaisantins ont dérobé l’enfant Jésus qui trônait dans une crèche de Viverols pour le remplacer par une endive, posée à côté de Marie et Joseph, ce qui ne fait pas rire les habitants du village.


Selon France Bleu Pays d’Auvergne, un message dénonçant la politique européenne de contrôle des migrants a été joint au légume.


Ce n’est pas la première fois que le petit Jésus est volé à Viverols, qui organise chaque année depuis dix ans une ronde des crèches, qui attire plusieurs milliers de visiteurs.

En 2012, le divin enfant avait été retrouvé après deux jours d’absence.

Qu’il revienne ou pas cette année, le comité des fêtes veut marquer le coup.
Sa présidente, Stéphanie Gayard, va porter plainte ce mardi à la gendarmerie :

« C’est hors de question de laisser passer ça encore une fois », a-t-elle expliqué à France Bleu.


Si seulement les gendarmes n'avaient que ce genre d'affaires à traiter ...




lundi 25 décembre 2017

Philologie : Le phénomène d'urbanisation


Guibert de Nogent est un moine du 11ème Siècle (1055-1124) qui a écrit une chronique de ses jours (« de vita sua »).
Sa chronique, écrite en latin d’église, que l’on a conservée, est riche d’enseignements pour étudier certains aspects de la vie quotidienne de l’époque des croisades, et de sa région d'origine, le Laonnois.

Jacques Chaurand, ce grand philologue, s’est par exemple penché sur les différentes appellations données aux villes du Laonnois, par Guibert dans sa chronique.

Noter que les villes de l’an Mille n’ont pas encore pris un nom qui se suffit à lui-même. Une forme ancêtre, tirée du Latin, et qui deviendra le nom futur, est encore accolée à un nom de la typologie de "ville" faisant préfixe.

Le cas de la ville de Laon, dernière capitale des rois carolingiens, elle-même, est symptomatique : Le nom de la localité est attesté sous les formes "ecclesiae Lugdunensis" en 549,  "urbis Lugdune" au VIe siècle, "Leudunum" en 632, "Laodunum" en 680, "urbis loon" à l’An Mille.
Ce n’est qu’au 13ème siècle qu’y apparait la triphtongue [auo] ("Lauon"), qui n’est plus prononcée aujourd’hui : Laon est prononcé [Lan].
Ce nom "Laon" dérive d'un type toponymique gaulois fréquent qui se compose :
  • du théonyme Lugus (c'est-à-dire Lug, dieu gaulois et celtique), et
  • de l'appellatif celtique très répandu "dunon", latinisé en "-dunum" (« citadelle, enceinte fortifiée »). Ce mot celtique apparaît aussi en allemand sous la forme Zaun « barrière, clôture »,  qui a donné Zoll (Douane) par métonymie de mot concret (Processus par lequel on passe d’un mot concret à un mot conceptuel qui lui est proche : De « Barrière » à « Douane »). On en a conservé en français la finale -ton dans les noms de lieux, comme à Argenton, ce qui a aussi donné town « ville » en anglais.
Le sens global de "Laon" est donc « forteresse de Lug ».

Aparté : Noter que Lug-dunum a aussi donné ... Lyon.

Chaurand recense 7 appellations chez Guibert pour désigner les lieux du Laonnois, par ordre croissant d’importance  :
  • Villae :
    Il s’agit des domaines à la campagne, qui ont souvent donné nos villages. C’est quand la sécurisation des accès aux habitations est inexistante où se réduit à un simple poste de garde (Qu’on appelle « praesidium »). Mais noter que le nom « villae » a tendance à perdurer, même quand les remparts y apparaissent, car le terme directement hérité de l’antiquité est doté d’un fort prestige.
  • Municipium :
    C’est un concept compliqué de liberté civique, car la réalité romaine d’origine s’est banalisée en français comme une appellation politique plus que urbanistique. Cette appellation se rattache aujourd’hui  à toutes les villes en « Ferté » (Ferté sous Jouarre, ou Ferté Allais).
    Guibert l’utilise de manière similaire à « castrum », c’est-à-dire des maisons regroupées au pied d’une maison forte ou d'une église (à l’an mille, le château n’est pas encore cette maison forte en pierre du 13ème
    siècle, et les moyens fortifiés s’apparentent encore beaucoup à des palissades d’inspiration romaine).
    Il parait certain, d’après le sens des textes, que Municipum se durcit en oppidum, quand il se dote de remparts solides.
  • Castellum, Castrum, Oppidum :
    Ces 3 appellations sont utilisées pour des petites concentrations de population à l’abri d’une muraille de bourg ou de château.
  • Civitas :
    Civitas est une appellation réservée (Chez Guibert de Nogent) aux villes importantes comme les sièges épiscopaux.
  • Urbs :
    "Urbs"
    n’est pratiquement pas appliqué aux villes du Laonnois, car dans la perception des intellectuels de l’an 1000, l’Urbs est unique par principe, et c’est Roma. Guibert utilise toutefois ce mot parfois pour Amiens, Angers, Jérusalem, Langres, Laon et Noyon (ou civitas beaucoup plus fréquemment, surtout pour Laon). Noter que si Urbs est normalement « la » ville, Roma, « civitas » est plutôt une métonymie qui définit, à la période classique, plus la citoyenneté, le droit de cité, et les gens qui en bénéficient, que la ville elle-même.Mais chez Guibert, ces 2 mots sont plus ou moins interchangeables, avec « Urbs » en préférence écrasante, puisque souvent « civitas » est une figure de style destinée à éviter la répétition de « urbs » (Ca s’appelle un anaphorique second).
Curieusement, certains termes manquent ou ne sont pas rattachés à un lieu nommé explicitement :
  • Locus : Traditionnellement utilisé pour des lieux consacrés
  • Rus : qui est un équivalent de Villa
  • Vicus.
Aparté : ce qui est intéressant, c’est que l’on dispose aussi d’une chronique postérieure d’un génération à celle de Guibert, au travers de la « Vita Ludovici Grossi Regis » (La vie du roi Louis le Gros), rédigée par Suger (1080-1151), permettant de séquencer à la fois l’évolution urbanistique et terminologique :
  • Amiens y est alors "civitas Ambianensis"
  • Et Laon, "civitas Laudunensis".
  • Et les « nobles », c’est-à-dire les futurs membres de la noblesse (qui n’est pas encore une caste sociale au 12ème siècle), n'y sont pas nommés par un substantif, mais seulement encore par un qualificatif honorifique : « Nobiles civitatis », ou nobles citadins.
Curieusement, Guibert a volontairement dissimulé le nom de son propre village de naissance en disant "Castellum" ou "Oppidum" mais sans préciser le nom propre. On sait juste :
  • Qu’il y a dans ce villages 2 églises "sub nomine sanctorum Leodegarii" (Léodagan = Léger) et "Machuti" (Machu, Maclou).
  • Que ce village est à 2 lieux de Catenoy.
On a tenté d'identifier ce village à Clermont, qui est pourtant à 4 lieux, et dont l’ancienne collégiale est dédiée à Saint Arnoult.

On ne sait pas si Guibert a dissimulé cette information pour ses contemporains (pour lesquels les éléments qu'il donne devaient pourtant être transparents), ou si il l'a dissimulé pour ... nous autres aujourd'hui. L’incertitude est intrigante, car même les autres petits villages évoqués ont un nom propre de la forme municipiae ou villae.

Guibert parle par ailleurs d’un de ses frères, qui était « eques et municeps Claromontis castri. » La traduction de municeps est incertaine : chevalier ou châtelain ? Sachant que pour châtelain, on a "dominum", qui passera le moyen âge ensuite, à la différence de « Municeps ».
On sait aussi que le bourg était « in paupere oppido », le seigneur n’y possédait par exemple qu’un seul cheval.

Mais les habitants en sont nommés "oppidani" ou "castrenses" et non plus "rustici" (paysans).
Cela dénote sans ambiguïté le démarrage dans la conscience des contemporains du phénomène d’urbanisation.





jeudi 14 décembre 2017

D'Ormesson

Jean d'O a écrit quelques phrases encore, la veille de sa mort.
Pour nous donc.


D'un ton grave, François Busnel a récité ces quelques mots, les derniers écrits pour l'éternité :

"Une beauté pour toujours, tout passe, tout finit.
Tout disparaît et moi qui m'imaginais vivre toujours, qu'est-ce que je deviens ?
Il n'est pas impossible..."


Puis après une pause :

"Mais que je sois passé sur et dans ce monde où vous avez vécus est une vérité et une beauté pour toujours.
Et la mort elle-même ne peut rien contre moi".


Jean d'O savait qu'il reprenait cette idée de Jankelevitch:
"Le fait d'avoir vécu est mon viatique pour l'éternité".

Elle est très belle cette idée.

mercredi 6 décembre 2017

Notre Johnny

Je l'aimais bien notre fumeur de Gauloises sans filtre ...




mardi 5 décembre 2017

Etymologie du mot "Veule"

J'ai eu le plaisir de lire récemment un article de Jacques Chaurand (un grand philologue décédé en 2009), qui est à la base de la philologie enseignée à l'Ecole des Chartes.

Ce monsieur, avec une érudition incroyable, livre sa propre hypothèse sur l'étymologie du mot "veule", qui a effectivement comme particularité d'être un épicène à -e final, ce qui est très rare.

Et qui aura intrigué tous les lecteurs de Nautre Monde.

Je vous livre ici la théorie de Jacques Chaurand, mal résumée par moi dans mes notes de lecture, prises sur un article signé par lui, d'une cinquantaine de pages :


L’adjectif « veule » ?

On a coutume depuis longtemps d’attacher le mot « veule » à une forme forte du verbe latin « volare » voler (oiseau), et dénoter par là une forme de légèreté. Sauf que la forme forte de ce verbe « volare » n’est pas attestée (même si on trouve « volat » au vers 25 de Ste Eulalie, et que la forme –lare est classique des formes fortes, ayant donné par exemple ambu-lare).

Pour expliquer ce « voler » en français, on dispose donc de 2 options :
a) la maintenance d’un continuateur d’un « vollare » disparu
b) un emprunt savant au latin au moment de la Renaissance carolingienne. C’est à cette époque (8ème siècle) en tous cas qu’aurait lieu le passage de vollare avec -ll (d’origine) à volare -l.

En tout état de cause, cela n’expliquerait pas la forme « veule » telles que trouvées dans l’ancien français et les dialectes (picard).
Il y a nécessairement autre chose.

En effet, d’abord parce que les formes fortes attestées ont donné des formes essentiellement masculines (le vol), éventuellement biformes, mais jamais d’adjectifs épicènes à final en –e (Epicène : En parlant d'un nom d'être animé, terme générique qui sert à désigner une espèce, sans préciser le sexe).
Sauf lorsque le mot se termine par un ensemble de consonnes qui exigent un « -e » final dit de soutien comme dans « comble ».

A ce propos, on a parfois enregistré dans les dictionnaires « veul », en se fondant sur le Psautier de Metz (ou de Charles le Chauve vers 865) (« et les riches ont laissiez veulz et vains » ver 35) mais il s’agit ici d’une forme de « vuide » et non de « veule ».
Léo Spitzer a prouvé que cet adjectif ne pouvait rattacher à l’expression imagée « à la venvole » (qui a donné "à la volée") qui a été formée sur la forme latine d’un adjectif composé du genre « velivolu » « flammivolus » « celerivolus » -volus, plein de, équivalent de "voll" en allemand.
En effet, même ces séries n’ont pas débouché sur les adjectifs épicène en e final, attesté dès les premières apparitions pour veule.

De plus, sur un plan sémantique, « veule » a sa connotation morale depuis le début.
Et sur cette base, Spitzer l’a rapproché de l’adjectif « aveugle » abondamment utilisé dans le contexte religieux. D’autant que en patois Picard, aveugle apparait souvent sous la forme « aveule ». Cette association avait déjà été faite par Godefroy qui donnait "aveuglement" comme dérivé de veulie.

Mais Von Wartburg n’a pas de mal à démontrer la fragilité de ce rapprochement sur la base de la multitude des formes (voir article « volus ») dans la diachronie (le temps) et dans la diatopique (l'espace, la géographie).
Le fait est que le mot veule est trouvé dans de multiples formes dialectales (Bourguignon, Berry, Maine et Normandie), si il a probablement été emprunté au Picard ancien. En tout état de cause le mot est considéré comme "non dialectal" (c’est-à-dire français de base) dès le 16ème.

Le fait est aussi que le mot n’a pas qu’un sens moral, mais également un sens physique, avéré au Moyen-age également :  Le Furetière (premier grand dictionnaire du français ancien, 1690) dit à veule : Les ouvriers qui n’ont pas déjeuné sont « veules ». « Un convalescent est foible et veule jusqu’à ce que son estomac soit bien remis ».

Un sens concret voire péjoratif existe et est d’ailleurs le plus fréquent dans la littérature (17ème, 18ème) (on dit que c’est un sens technique, car propre en l'occurrence au champ agriculture/arboriculture) : Une terre « veule » est une terre soit légère apte à recevoir la semence, soit trop légère (où les plantes ne peuvent prendre racine, ou pour une branche trop frêle et qui ne pourra porter du fruit). Se dit aussi d’une pâte de pâtisserie en Ardennes.
Et dans le Dictionnaire général des termes propres à l’agriculture (Louis Liger, 1703) on lit : « Veûle vient de vilis qui veut dire une chose qu’on rejette et comme ces sortes de branches sont ordinairement chétives on leur donne le nom de veules qui subsistera toujours malgré de certains habiles dans le jardinage qui l’improuvent ».
Le problème c’est que les dictionnaires techniques complets sont peu anciens (17ème max) donc on ne sait pas depuis quand ce sens techniques est avéré. Mais comme le terme est avéré dans cette connotation technique sur toute la partie est nord est du domaine gallo-roman, cela laisse supposer une origine très ancienne.
Après se pose la question des formes médiévales :
On a une lignée claire (bien documentée) entre le terme veule au 16ème et le terme dans son acception moderne. Mais en revanche, le lien avec le veule religieux du Moyen Age n’est pas bétonné, mais indiscutablement établi par certains (voir plus haut), mais pas de façons suffisamment solide pour que cette seule étymologie soit prise en compte.
Il y a autre chose.

Et là Chaurand avance sa propre hypothèse :

L’étymologie la plus acceptable, en se fondant sur le « Dictionnaire Etymologique de la Langue Latine » semble être vulvula vulvulis = Liseron (Pline) ou Chenille (Pline, Caton).

Et explique ensuite l’évolution vulvula puis volvula puis voule puis veule :

a – Au départ, vulvula ou volvola en supposant à l’origine un substantif (disparu) qui se serait adjectivé par « dérivation impropre ».
- soit en raison du caractère « proparoxytonique » (Se dit d’une langue dont les mots sont en règle générale accentués sur l’avant dernière (ou pénultième) syllabe),
- soit le groupe consonantique qui aurait maintenu la voyelle « e ».

b- Chute du L dans la syllabe initiale, par suite d’une dissimilation qui apparait notamment dans « -able » ablette. (Vème). (En phonétique, la dissimilation est un type de modification phonétique subie par un son au contact d'un son voisin, contigu ou non, modification qui tend à augmenter les différences entre les deux.)


c- Puis serait apparue la diphtongue (Vième VIIème) « vuoele »

d- qui aurait donné « vuele » au XIème.

e- Le passage de vuele à veule : Dès le début du XIIème siècle, les continuateurs des diphtongues « ue » et « ou » se sont confondus pour donner eu.
Chaurand met toutefois en cause sa propre thèse :

Le passage d’un nom de plante (Liseron) à la série des adjectifs se rapportant à un aspect moral ou physiologique est peu représenté. Les noms de plante ont plutôt fourni des couleurs (rose, violet).

Ce sont plutôt les noms d’animaux qui ont donné les aspects moraux : « être chien », « cabotin », « être un cochon », un ours, une mère-poule, une teigne, « être vache ».
Quelquefois les fruits : « Etre une gourde », une bonne poire, mi-figue mi-raisin, poireauter.
Doit-on alors préférer le liseron (volvula) à la chenille, sur cette base ?

Non, car le prophète Nahum, traduit par Saint Jérôme (IVème siècle) donne déjà au liseron une valeur métaphorique (« avoir une belle apparence, mais étouffer la parole de Dieu en soi ») ce qui met le mot sur la voie de la dérivation future.
Si on part de Saint Jérome, et qu’on considère que les textes moyenâgeux sont écrits par des clercs, le glissement devient compréhensible.
Dans « le jeu de Robin et de Marion » ( est une pièce de théâtre entrecoupée de chansons écrites par le jongleur arrageois Adam de la Halle dans les années 1270 ou 1280), elle a « toudis … esté trop veule » doit être interprété pas tout à fait encore au sens moderne mais plutôt comme « Elle n’a jamais été sérieuse ».
Cela n’inclut pas encore la veulerie, tolère encore de l’agitation et du dynamisme, mais en dehors de la perspective du Salut.

Noter que cette argumentation ne suppose pas que la terre veule et la valeur morale soient fondées sur le même mot au départ. L’absence d’usages anciens du premier cas technique rend cette assimilation impossible, on ne peut faire là-dessus que des hypothèses.
Ouaouh ! 

jeudi 30 novembre 2017

Lumière pâle d'hiver

J'aime la lumière pâle de l'hiver.






mardi 28 novembre 2017

BSG

Ce matin, sur la Montagne (Sainte Geneviève), le soleil d'hiver réchauffait un peu les murs augustes de l'ancien Collège Montaigu (et actuelle Bibliothèque Sainte Geneviève).

Arrivé un peu en avance pour l'ouverture, à 10h00, je me suis appuyé négligemment à ces murs pour attendre, comme Erasme, comme Ignace de Loyola et comme tant d'autres l'ont fait avant moi.

Une fois grimpé jusqu'à la Salle Labrouste (du nom du même architecte que celui des Archives Nationales),  j'ai demandé à la Présidente de Salle de bien vouloir me faire parvenir une thèse soutenue en 1995 à l'Université de Franche-Comté à Besançon. Je profite ainsi (moyennant 9 Euros ...) du système d'échanges entre Bibliothèques Universitaires.
J'évite un aller-retour supplémentaire à Besançon, et pourrai lire très aisément une thèse (magnifique) de 1000 pages sur la Guerre de 10 ans dans la Comté.

Encore une fois, je me suis dit cette France est vraiment bénie par l'Eternel.


Et je Le prie de bien vouloir laisser, dans 100 hivers encore, les enfants des enfants d'aujourd'hui, s'appuyer un matin, au mur de la bibliothèque Sainte-Geneviève.







Vous noterez l'effet poupée russe digitale de mon écran d'ordinateur sur la page N'autre Monde à la BSG, sur une photo illustrant un article N'Autre Monde, écrit à la BSG, sur mon ordinateur.

mardi 21 novembre 2017

Oumuamua

Voir d'abord l'animation et son commentaire ici. Le texte annonce fièrement :

"C’est un objet inhabituel qui a traversé notre Voie Lactée le mois dernier."

Comme si quoi que ce soit pouvait traverser la Voie Lactée en un tout petit mois... Petit rappel : la voie lactée est un disque de 100000 a.l de diamètre et 800 a.l d'épaisseur à l'endroit où nous nous trouvons. Cela veut dire que même la lumière mettrait au moins 800 ans à la traverser, en s'y prenant bien c'est à dire bien perpendiculairement à cette sorte de soucoupe. Quant à un objet extragalactique...

La journaliste qui écrit s'appelle Melinda, sur son profil Viadeo, elle se présente comme une touche-à-tout : Passée par la presse écrite, l'audiovisuel et la production d'émissions, elle a goûté aux joies de la radio avant de poursuivre sur Internet. Ses sujets de prédilection ? Les jeux vidéo, le high-tech et le sport. Mais comme elle est une grande curieuse elle s'intéresse à tous types de sujet, tout ce qui permet de mieux comprendre le quotidien, de l'expliquer ou de faire découvrir ses trouvailles...

Une belle erreur dans le texte de cette (pourtant) belle animation. Notre système solaire vient d'être traversé, en octobre, par un objet extrasolaire, sorte d'astéroïde en forme de long cigare, plus de 10 fois plus long que large et baptisée Oumuamua (le messager en hawaien). Sa trajectoire presque axiale par rapport au plan de l'écliptique indique bien que cet objet ne peut pas être une comète de notre système solaire. Mais le commentaire indique qu'il a voyagé pendant des millions d'années avant d'entrer dans la voie Lactée. Or ce n'est pas la même chose. La voie lactée n'est pas notre système solaire. Il serait temps pour certains journalistes de faire la différence ou de retourner à leurs jeux video... Et l'espace interstellaire n'est pas l'espace intergalactique.


L'abstract de l'article scientifique la revue Nature (l'article complet est payant, mais sans doute plus sérieux).

jeudi 9 novembre 2017

Cours de paléographie improvisé

Je finissais une journée de travail particulièrement infructueuse aux Archives Départementales de Dijon, et me préparais à 17H00, à la fermeture, à rejoindre la gare et mon TGV pour Paris.

Mais je fus abordé par une personne, qui avait travaillé à côté de moi, toute l'après midi, sur des sceaux du XVème du Duché de Bourgogne.


Elle me proposa, très simplement, sans que nous nous soyons parlé dans la journée, hormis les salutations d'usage, elle dans ses sceaux, moi dans mes Gaget/Gazet, de rester une heure supplémentaire, après la fermeture, dans ce palais bourgeois de la renaissance, pour participer à un cours de paléographie, avec (selon ses mots) la "fine fleur de la paléographie dijonnaise".

J'avais une heure à perdre avant mon train, et il bruinait sur un Dijon sombre de Novembre, aussi j'acquiesçai bien volontiers. 

Dieu merci, je ne dis mot pour me targuer de mes quelques compétences en paléographie, acquises à l'Ecole des Chartes.

Je fis bien ...

Car on me donna aussitôt une copie du texte travaillé, un innommable gribouillis de juriste bourguignon du XVIIème siècle, une sordide histoire de bagarre entre bandes rivales de pèlerins : 




Sous les lambris chichement éclairés par les lampes de bibliothèque, pieusement accoudés sur de longues tables en chêne, les papis-mamies dijonnais se relayaient de bon cœur pour déchiffrer d'un bon pas le document travaillé.

Ce document resta désespérément pour moi pattes de mouche sur parchemin, et je m'enfuis rapidement, non sans avoir remercié pour l'aimable invitation à la culture, mais quelque peu désabusé.



Le discours halluciné et hallucinant de Malraux

Je remets le discours de Malraux pour l'entrée au Panthéon de Jean Moulin.

L'évocation des femmes hiératiques en noir de Corrèze qui défient l'occupant pour honorer la mémoire des Alsaciens du Maquis fusillés me remplit véritablement d'effroi (à 2'25'' dans le discours).

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/andre-malraux-transfert-des-cendres-de-jean-moulin-au-pantheon-en-1964




Ce discours restera certainement comme un morceau d'éternité.

dimanche 5 novembre 2017

Une Ted fascinante

Sur la survie de l'espèce humaine :

https://www.ted.com/talks/lauren_sallan_how_to_win_at_evolution_and_survive_a_mass_extinction

vendredi 3 novembre 2017

Peut-on être l'avocat d'un salaud ?

L'échange entre l'avocat (Dupont-Moretti) et le journaliste (Demorand) est très émouvant, et touche les vraies questions :


jeudi 2 novembre 2017

Obsolescence accélérée des métiers

Le Figaro titre "Développeur Web, un métier tendance, mais déjà en voie de disparition".

Et ils ont raison, mais pas pour les causes qu'ils identifient (l'IA en l'occurrence).

En effet, la valeur ajoutée humaine dans la construction d'un site Web diminue rapidement devant la puissance des outils techniques mis en oeuvre aujourd'hui.

Sans IA aucune encore.


Et de plus les sites sont largement plus puissants qu'avant :

Le premier site Web dans lequel j'ai été impliqué il ya 15 ans, je me suis ridiculisé en demandant comment on modifiait une information affichée, on m'a répondu d'un ton un peu condescendant :
"Mais les pages sont en affichage seul, on ne peut pas modifier l'information affichée !". 


On est passé de projets en mois.hommes il y a 10 ans, à des projets en jours.hommes aujourd'hui.

Le taux de contraction du travail humain est de l'ordre de 95%. 




mercredi 1 novembre 2017

La promesse de l'aube

Le film avec Pierre Niney, qui ressemble beaucoup à Romain Gary avec son profil en lame de couteau, sort le 20 Décembre.

"avec l'amour maternelle, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais, et après cela, toute femme qui vous prend dans ses bras, et vous serre sur son coeur, ce ne sont plus que des condoléances".




J'ai plus de doute avec Charlotte Gainsbourg comme La Mère, mais bon ...

Il faut aller le voir.

Bande annonce :
http://www.dailymotion.com/video/x6710gi



mardi 31 octobre 2017

Les 95 thèses de Wittenberg

A l'occasion du 500ème anniversaire de la publication des 95 thèses de Luther, je tombe sur un article traitant du rapprochement œcuménique des Eglises Catholique et Protestante.

Et là je découvre effaré que ces 2 Eglises, après des décennies de concertation, de négociation dans un "esprit d'harmonie et de paix", "ont bon espoir" (sic) de pouvoir permettre aux couples mixtes (lui protestante, elle catholique, ou l'inverse) de communier à l'église ou au temple selon leur choix :

"La déclaration évoque en particulier la situation des couples mixtes catholiques/protestants qui souhaiteraient pouvoir communier dans les deux Eglises. Nous désirons ardemment que cette blessure […] soit guérie."

Moment de sidération sur l'incapacité des hommes à résoudre des problèmes qui ne se posent pas ... 

samedi 21 octobre 2017

La contribution économique réelle

La question de la CER "Contribution Economique Réelle" (allons-y pour un nouvel acronyme) est cruciale. Elle est posée franchement par Atlantico.


Un plus grand nombre d’ingénieurs ou d’entrepreneurs est favorable à la croissance, tandis que la prolifération des avocats lui est nuisible.

Noter le mot "prolifération" associé à "avocat", qui n'est clairement pas neutre sémantiquement ...

Atlantico reconnaît toutefois que démultiplier les professeurs, ou de manière générale les professions à haute contribution sociale, a un impact non mesuré sur la société.
Il est clair en revanche, pour le journal, que l'orientation des jeunes vers les métiers de banquiers, d'administration ou d'avocats donc, représente une destruction de valeur collective.


Il est temps de se rendre compte que la rémunération de l'individu est (probablement, je ne peux pas le prouver) inversement proportionnelle à sa CER contribution économique réelle pour la société.

Ce n'est pas dit par le journal, mais je l'ajoute ici :
La technologie est en train de pousser dans ce même sens.

La technologie nous propose spontanément de se substituer aux tâches de moindre valeur ajoutée (ou plutôt de plus grande valeur ôtée), celles de l'avocat, du notaire, et du banquier.


Notre société est en train de (se) grandir ...


jeudi 19 octobre 2017

#quellavoltache

#me too
#yo tambien
#chella volta che
#balance ton porc

Ad 11 anni il padre di una mia amica mi ha toccata mentre dormivo, svegliandomi, e per timore ho fatto finta di dormire aspettando che i miei genitori venissero a prendermi".

Eva Polino

La jeune fille d'autrefois est maintenant une femme et s'appelle Eva Polino. Jusqu'ici, elle n'avait jamais eu le courage de raconter à qui que ce soit ce qui lui était arrivé. Son témoignage n'est qu'un des milliers que l'on peut lire sur les réseaux sociaux comme ceux ci-dessus. Ces hashtags sont utilisés par les femmes. Le premier dans le monde entier, le second en Espagne, le troisième en Italie, le quatrième en France. Utilisés pour raconter les abus qu'elles ont subi et qu'elles n'avaient souvent jamais racontées à personne. Il y a aussi quelques victimes hommes parmi les histoires. Pour le moment, ils sont moins nombreux que ceux des femmes. Mais eux aussi commencent à parler des harcèlements subis, sans peur.

Comme Léo Ferré qualifiait de "montreuse" la télé dans les années 60, "celle qui s' la caillait sur les toits avant d'faire le trottoir", est tout a fait bien remplacée aujourd'hui par les réseaux sociaux... Pas grand-chose de bien, c'est sûr, mais un nouvel être, aux yeux interlopes...

El profe te pregunta "el siguiente"

Une jolie histoire de mathématique :

Aquí va un ejercicio de mates de mi hijo (7 años).
Yo creo que quien no lo ha entendido bien es el profe.



Il a raison le gamin : On lui demande "le nombre suivant" ...

mercredi 11 octobre 2017

Duality Wave-Particle

Dès 1936, Albert Einstein et Léopold Infeld ont expliqué les conséquences de cette double nature de la lumière dans un livre coécrit ensemble. En voici un extrait :


Que sait-on depuis 1936 (la date de naissance de mon père) ? Au moins trois générations donc... Peu de choses au vu de l'animation ci-dessus (où les trous ont été remplacés par des fentes d'Young). Rien de ce que disaient Infeld et Einstein n'a été démenti à propos de ce qu'on appelle maintenant des expériences à photon (ou électron) unique. Les interférences avec des ondes classiques sont connues et correctement décrites depuis très longtemps (Huygens 17e siècle). Mais l'effet produit avec un seul photon (ou électron pour la matière) passant par l'une ou l'autre des deux fentes parait toujours aussi ahurissant et contre toute intuition naturelle. Si l'on décrit l'onde comme une particule (oups... c'est déjà difficile à dire), et si on cherche à forcer cet aspect corpusculaire en lançant de fait un seul photon (ou électron) à la fois, on constate un effet sur l'écran (bandes alternativement claires et sombres) qui signe la présence d'une onde. Cet effet (les interférences) ne s'explique classiquement que par la présence des deux fentes. Si d'aventure, un observateur met son œil dans le dispositif pour s'assurer que le photon passe par l'une des deux fentes, il tue le phénomène observé, comme décrit dans le texte historique. Ce dernier phénomène montrant une fois de plus que le photon pouvant passer par les deux trous n'a rien à voir avec le photon effectivement passé par un trou. Le premier peut se traduire par une fonction d'onde (du domaine probabiliste) et pas le second. Ce qu'avait expliqué d'une autre manière un autre père fondateur de la mécanique quantique : Schrödinger. Le chat mort ou vif dans sa boite représente le photon pouvant passer par l'une ou l'autre des deux fentes. Celui-ci peut représenter lui aussi une fonction d'onde. Si on ouvre la boite, il est définitivement mort (ou vif), mais ne représente plus d'intérêt pour la science.

samedi 7 octobre 2017

Drame de l'immigration

En 1674, en Franche-Comté, les drames de la guerre étaient déjà à l'oeuvre, comme aujourd'hui : viol et immigration forcée.


La petite Joanna, fille naturelle ("filia naturalis") est née d'un viol ("procreata ex oposibus") par un soldat ("unus militis"), de sa mère Pétronille Mathieu.

Pétronille est une jeune femme savoyarde ("sabaudae") réfugiée en Franche-Comté.

Et ces évènements se sont produits pendant la guerre de 30 ans ("tempori belli"), au cours de laquelle Louis XIV a repris les provinces de l'est de la France (Franche Comté, Lorraine, Alsace, Comté de Nice).

Pendant cette guerre là, les jihadistes étaient des Suédois (nationalité inscrite en lettres de sang dans la mémoire populaire, surtout en Alsace).

Déjà dans les années 1670 la religion (protestants contre catholiques en l'occurrence) était le prétexte affiché. 



jeudi 5 octobre 2017

Ces Américains ont la classe

Et spécialement ces gens comme Jimmy Fallon du "Tonight show", et les filles de son équipe.

Impressionnant.
Vraiment.


Trump en prend vraiment plein la figure.




mercredi 27 septembre 2017

Spectrum



Bien inspiré je me suis senti, ce matin, lorsque j'ai introduit mon cours d'optique en anglais sur le spectre solaire. J'ai en effet demandé à mes jeunes élèves de seconde s'ils connaissaient le premier sens de spectre (spectrum). J'ai eu la bonne surprise d'avoir rapidement la réponse : fantôme (ghost).
J'ai pu alors poursuivre en leur demandant de me donner le lien entre les deux mots. Lien qui existe aussi bien dans les deux langues. Entre autres réponses j'ai pu avoir l'explication attendue, orientée par moi mais obtenue en de meilleurs termes que je n'espérais au départ :  

Like for the colours that we can't see into the light, a spectrum is invisible. So we could define a spectrum as something that can't be seen in the current life but can appear in special occasions

Je pouvais ensuite aisément dérouler mon cours sur les différents outils de décomposition de la lumière, ou plus exactement sur les moyens de faire apparaître les spectres de lumière... Spectrum, un mot qui n'existait guère que dans les livres de Dickens au XIXe siècle, mais qui, au même moment que lui, vers 1865 ou 1870, a donné son nom à tout un art, the spectroscopy, la science qui consiste à révéler ce qui est caché, à faire parler les ondes électromagnétiques, en tirer toute l'information qui nous vient par exemple des étoiles.


mardi 26 septembre 2017

Quantum

Une présentation intéressante d'un ordinateur quantique, par un chercheur IBM.

Je n'ai évidemment rien compris, sauf un petit morceau (a tiny bit) :

On passe d'une technologie de stockage de la forme
n bits à 2 positions, à un stockage 2 à la puissance n.




Et on perçoit bien que ca change tout.


Ce qui est étonnant en même temps, dans les mots même, c'est qu'en anglais on dit :
"Why is quantum different ?",
alors qu'en français on dirait :
"En quoi l'ordinateur quantique est-il différent ?".

Différence entre la connaissance "Why" et la connaissance "What".
"Why ?" c'est "pourquoi ?", mais ce n'est pas "pour quoi ?" ni "en quoi ?".



dimanche 24 septembre 2017

Le vin du Moutherot (bio) dans le commerce

J'ai eu le grand plaisir de trouver du vin du Moutherot chez un caviste de Paris.

Le Moutherot, où étaient installés nos ancêtres depuis 1715 et jusqu'à 1870.



Je n'ai pas résisté à la tentation de frimer la tête au caviste, sur ma connaissance des parcelles de ce vin, de leur exposition, de la nature du sol, de ses producteurs depuis 4 siècles.

Enfants, souvenez-vous que ce vin est le fruit de la terre de vos ancêtres.






mercredi 20 septembre 2017

Ce qu'en dit Al Azhar

وفي الأسبوع الماضي أعلن شيخ الأزهر، أقدم مؤسسة للتعليم العالي في العالم الإسلامي، أن الإرهاب مرض وأن الإسلام يُحرِّم قتل المدنيين الأبرياء.

La semaine dernière, le cheikh de l'Université d'Al-Azhar, l'institution d'enseignement supérieur islamique la plus ancienne du monde, a déclaré que le terrorisme était une maladie et que l'Islam interdisait de tuer des civils innocents.

ايه الكذب ده سيدنا الشيخ

C'est notre maître, le cheik.


La vidéo à ne surtout pas regarder

Je suis sûr que cette vidéo de neuro-chirurgie plaira beaucoup à certaines lectrices de N'Autre Monde.

Mais moi, c'est non ... forever.






Le bourdon et la coquille


En typographie, une erreur de composition dans un article de journal s'appelle un "bourdon", quand dans le langage populaire, on parle plutôt de "coquille".

Et ce « bourdon », ce n’est pas l’insecte, mais le bâton (bourdon) du pèlerin de Saint Jacques de Compostelle.

Le mot « bourdon » nous a aussi donné « la bourde » en argot.

Quel rapport, me direz-vous, entre une « bourde » dans un article de journal, et le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle ?

C’est simple, les typographes craignaient toujours d’oublier le « q » en composant le mot « coquille ».

Magnifique la langue française …


1910 : Déjà la modernité

Cet article de Retronews, sur le problème du chômage dans la société industrielle de 1910, est à lire.

En attendant, et pour longtemps, il y aura des chômeurs.  […] Tantôt, c’est le métier qui meurt : c’est une des tares du Progrès, et qui suffirait à m’empêcher d’en faire ma Divinité ; il broie des métiers, et, avec des métiers, les hommes, sous son passage triomphal.
Le jour où la linotype, cette merveilleuse machine à composer, entre dans une imprimerie, elle croise plusieurs « typos » qui en sortent et n’y rentreront plus.

Etonnant comment ces tares toujours présentes aujourd'hui, sont déjà identifiées comme causes du phénomène :

  • L'automatisation apportée par les linotypes
  • les crises répétitives
  • la mondialisation
  • le harcèlement au travail
  • les échecs des bourses du travail (ANPE de l'époque)




vendredi 15 septembre 2017

Hermes

Je lis dans la presse ce matin :
Hermès va commercialiser des skateboards à 3 000 dollars.


N'importe quoi.

mercredi 13 septembre 2017

BlockChain

Pour comprendre le BlockChain , il faut regarder cette TED.
Claire, nette et précise, et pas de baratin technique.


En 18 minutes, vous allez exercer votre anglais et comprendre les 5 transformations flagrantes qui vont se produire nécessairement, toutes autour de la désintermédiation :




Passionnant !

mardi 12 septembre 2017

Pour Göttingen

J'ai réentendu la chanson de Barbara, "Göttingen", qui est belle à mourir (et Barbara, et la chanson) :

Faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j'aime
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l'alarme
S'il fallait reprendre les armes
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.








Le gant du rav

Le Rabbin nous a raconté hier soir, à la synagogue de la rue Basfroi, une très belle histoire survenue à un vieux rav russe dans une gare de chemin de fer (Rabbin russe dont j'ai oublié le nom) probablement au XIXème siècle.

Le rav, qui partait en voyage, saluait de sa main gantée (c'était lors d'un hiver russe, confère Dostoïevski) des amis restés sur le quai, venus lui souhaiter bon voyage.

Quand soudain, il perdit son gant, par la fenêtre ouverte du wagon de chemin de fer.

Là le rabbin eut sans doute un instant d'hésitation, l'histoire ne le dit pas.
Mais même un vieux sage de rabbin russe est certainement complètement vénère, ne serait-ce qu'un instant, à l'idée de perdre son gant lors d'un hiver russe.

Mais il eut au final un geste magnifique :  Il jeta son autre gant, par la fenêtre, sur le quai, très vite.

Partant du principe que son premier gant ne serait d'aucune utilité à la personne qui le ramasserait, sauf à trouver également le second.


vendredi 8 septembre 2017

Baïkonour



Je posais hier la question à mon fils de savoir si Baïkonour se trouvait au Kazakhstan, en Azerbaïdjan ou en Ouzbékistan. En réalité, il ne connaissait même pas le nom de Baïkonour. Il connait par contre très bien Thomas Pesquet, notre spationaute national, parti pourtant de cette vieille base soviétique. Cela m'a donc inspiré de lui rappeler cette vieille chanson de Julos Beaucarne :

Au départ de vos cosmodromes
Quand le décompte arrive
À zéro, la machine gronde
Dans la flèche, accrochez-vous bien

Propulsés dans tous les espaces
Pincement au cœur, le retour
Mais les univers d'en face
Vous attendent au bout des détours

Voyageurs hors la boule ronde
Cosmonautes, à vos astronefs
De là-haut, vous voyez le monde
Les monts, les rivières, les reliefs

Apercevez-vous l'homme, la femme
L'enfant, le berceau, le cheval ?
Parfois rencontrez-vous une âme
Errante en un point de l'astral ?

Ô vous les embrasseurs d'étoiles
Près de Mars, du Cassiopée
Quand les galaxies se déploient
Avez-vous un frisson sacré ?

Quand la voix de la bien-aimée
De Baïkonour, douce vous parvient
Dans le rétroviseur des années
Que pensez-vous du genre humain ?

Parmi vous, il en est qui se perdent
Quand le module ne sait plus bien
Vers quel Nord il faut que l'on erre
Les boussoles, là, ne servent à rien

Vos veuves jettent des gerbes
Dans l'air au jour de Toussaint
Parfois elles croient vous reconnaître
Dans les astres qui clignotent au loin

Si vous revenez sur la Terre
Vous avez changé de peau
Escarmouches, bombes et guerres
Vous semblent coups d'épée dans l'eau

Étonnés de nous voir si vite
Nous jeter dans des bras de mort
Vous rêvez d'un retour sur orbite
Au zénith, là-haut, dehors

jeudi 7 septembre 2017

IN versus IA

Je faisais une recherche d'archives concernant une possible adresse de résidence de ma famille dans les années 1889. Cette recherche était motivée par la découverte inopinée de papiers militaires de l'oncle Charles Léon, né en 1869, qui affirmait être résident de Joinville (Haute Marne) en 1889 lors de son recrutement militaire :



N'ayant pas trouvé la famille dans la commune de Joinville même, j'avais besoin d'une liste des communes avoisinant la ville de Joinville, l'oncle ayant pu être imprécis au moment de son incorporation.

Je pris donc une vue Google Map autour de ce Joinville :


Et griffonnai rapidement une liste des communes trouvées sur cette carte :


Et je réalisai soudain un truc extraordinaire :

Sans y penser le moins du monde, j'avais classé par ordre alphabétique (décroissant) les 6 communes en question ...

Ya que moi dont le cerveau est capable de tels prodiges ?

Vous noterez que la probabilité de les avoir dans l'ordre par hasard est de 1 sur 720.

Inutile de me faire l'objection (blessante) que les 6 communes en question sont presque déjà par ordre alphabétique décroissant sur la carte lue du nord au sud.




samedi 2 septembre 2017

Le jardinier et le paysagiste

J'ai compris brutalement, durant ma petite sieste postprandiale, la chute d'un fabliau moderne un peu triste, à base de robots, de jardiniers et de paysagistes.

Le problème était posé par un journaliste de France-Culture, qui tentait de nous rassurer sur les impacts "pas si destructifs" de la robotique.

Le journaliste prenait l'exemple de ces petits robots tondeurs de gazon, qui ont rendu inutiles les jardiniers chargés de les pousser depuis qu'ils ont appris (les robots, pas les jardiniers) à se diriger seuls sur le terrain à entretenir.

Toute l'évolution de la technologie, et son impact sur la main d'oeuvre humaine, sont parfaitement résumés dans l'allégorie choisie par le journaliste :

A l'origine, beaucoup d'hommes, chacun doté d'une faux, étaient nécessaires pour entretenir une prairie.

Quand on a appliqué le moteur thermique à faire des faux mécanisées, cela nous a donné la tondeuse. Il y fallait encore un jardinier pour deux fonctions liées :
  • pousser la tondeuse sur la prairie, et
  • la guider dans le cheminement optimal pour en minimiser la consommation de pétrole.
Rémission temporaire pour l'intelligence humaine.


Puis la fonction du jardinier s'est encore réduite à seulement "guider" : pousser était devenu inutile, la tondeuse devenant autotractée. L'homme, libéré de la pénibilité physique, se concentrait sur sa compétence unique : analyser, réfléchir, décider.


Last chance.

Qui n'a pas duré.

Les informaticiens sont intervenus (très peu de temps) pour doter la tondeuse de GPS et d'"IA", d'intelligence artificielle. Et depuis peu, la tondeuse se guide elle-même en ayant mémorisé les limites du terrain à tondre, ainsi que les endroits où elle est déjà passée.


Le journaliste de France-Culture fait ce constat malheureux :
Plus besoin de jardiniers.


Mais il en évoque tout de suite la solution toute trouvée pour nos jeunes :

Si nous n'avons plus besoin de jardiniers, montons donc en compétences : formons nos jeunes à être des paysagistes !
C'est là clairement une fonction, paysagiste, dont le robot ne saura nous dépouiller !

Certes !


Mais cette situation pose un nombre de question importantes à la société dans son ensemble :
  • Combien de paysagistes seront requis demain, en comparaison du nombre de jardiniers disparus ? A Versailles, il y avait un seul Lenôtre paysagiste pour 1000 jardiniers au travail.
  • L'Education Nationale va être débordée par cette nouvelle mission que lui donne soudainement son Ministre :  Former des cohortes de paysagistes.
  • Et comment garantir la paix sociale, en tant que société civile, quand il s'agira d'attribuer un seul poste de paysagiste à Versailles, et envoyer 1000 jeunes paysagistes, tous juste émoulus de l'école du Breuil, à l'ANPE?
  • Pour une part la société civile va employer plus de paysagistes, dont les prix seront de toutes façons bradés. Disons 5 paysagistes au lieu de 1 seul.
  • D'autant qu'il n'y a plus de jardiniers, tous les jeunes sont formés en paysagistes. Du coup tous ceux qui ne trouvent à s'employer que comme jardiniers sont frustrés dans leur travail, étant surqualifiés ...
  • Et ces jeunes paysagistes, devrons-nous les considérer comme fainéants si ils ne parviennent pas à trouver du travail ?